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STARLESS NIGHT - SING & PERFORMED BY WENDY BEVAN
FILM EDIT BY SAYAKA MARUYAMA
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STARLESS NIGHT - SING & PERFORMED BY WENDY BEVAN
FILM EDIT BY SAYAKA MARUYAMA
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"Les gens qui ont des certitudes sont sûrs de se coucher le soir aussi cons qu’ils se sont levés le matin"
Lucien Jerphagnon
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"Ah, si nous n’avions pas rencontré Glenn, dit Wertheimer. Si le nom d’Horowitz n’avait rien signifié pour nous. Si nous n’étions pas allés à Salzbourg! dit-il. Dans cette ville, nous avons trouvé la mort, en étudiant chez Horowitz et en faisant la connaissance de Glenn Gould. Notre ami a signifié notre mort. Nous étions meilleurs que la plupart de ceux qui étudiaient chez Horowitz mais Glenn était meilleur qu’Horowitz lui-même, dit Wertheimer, je l’entends encore, lui non. Tant de gens de son entourage étaient morts jusque-là, tant de parents, d’amis, de connaissances, aucun de ces décès ne l’avait ébranlé le moins du monde alors que la mort de Glenn avait été un coup mortel, le mot mortel fut articulé par lui avec une terrible précision. Après tout, il n’est pas besoin de vivre dans la proximité immédiate d’un homme pour être attaché à lui plus qu’à nul autre, dit-il."
Thomas Bernhard - Le naufragé
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Le bilan n’est pas brillant, je dois l’admettre – comme il est dit, tout ce qui brille n’est pas or –, est ce n’est pas une
abstraction, ni même une impression ; cette débauche d’absurdités ne menait à rien, ne conduisait nulle part. C’est une histoire sans fin, sans issue... derrière l’expertise se cache la
contre-expertise, fondée sur des doutes légitimes, et d’autres qui le sont moins. Il nous faut accepter cette part d’arbitraire qui en toute chose opère selon son bon vouloir, accepter le côté
obscur de la force. Je me demande si j’ai la berlue, cette trompe est-elle une extension nasale surdéterminée, une illusion, le fruit de mon imagination... Je me trompe-l’œil, c’est certain, cet
éléphant n’existe pas réellement, il ne peut qu’être le fruit de mon imagination... Si je regarde au-delà du delà, je vois une permanence dans l’impermanence, une fixité dans le mouvement, des
courants qui convergent vers un point, et d’autres, qui s’en éloignent, et peu à peu, s’amenuisent, décroissent, disparaissent. Je vois des structures vacillantes, des certitudes branlantes, des
concepts avinés, des théories frelatées, un arthropode hilare qui se bave dessus, des chiens fous qui se mordent la queue, une pendule qui se toque d’avoir des tics, une échelle sans Jacob,
une rondeur acérée, une voute planifiée, une patte de lapin, de la gerbe en barre, un Kinder Guano, des sourires mercantiles d’abrutis consentants... Je vois un temps d’avant le temps, d’avant
les mots, d’avant toute cette affreuse confusion. Je vois la toile de fond, démesurée, hors limite, et peuplée de fantômes. On s’approche de la zone zéro... je soupçonne l’origine du point
imminente... Je fus à cet instant proche de lâcher prise, ce qui jusqu’ici m’avait guidé jusque-là, cette force qui contre vent et marée m’avait portée sans faillir, soudainement
m’abandonnait...
J’observe l’ordre apparemment aléatoire des miroirs sur lesquelles se reflète à l’infini un visage inconnu aux traits
imprécis, en lui je peux voir cette part de moi-même qui se refuse à paraitre, qui se refuse à entrer dans la danse, qui se refuse à jouer le jeu, qui se refuse à prendre part au festin. Est-ce
là mon vrai visage, ma défaite, mon dépit... l’hallali, la-la-la... Oui, il y a de ça en moi, un quelque chose qui renâcle, s’insurge contre tout, contre rien, contre un point, contre un mot,
contre toi, contre moi.
Lucius Crédul
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SAFARI by catherine chalmers
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Derrière ce qui se cache se cache quelque chose, cela parait être une conséquence logique admise et sans controverse possible. Derrière la poule se cache l’œuf qui cache le poussin. Derrière les buissons se cache le renard qui va manger la poule, le poussin, et l’œuf, si éventuellement il a encore faim. Derrière la montagne se cache la vallée. Derrière un bosquet se cache une boule de laine, qui elle-même cache un mouton égaré, confus, perdu dans cette vallée aride cachée par une montagne d’une taille abominable et dont les cimes vont se perdre dans les nuages. Derrière la lourdeur de cette démonstration au style lourdingue et plus que douteux se cache une volonté affirmée d’en finir avec les voiles d’opacités qui obscurcissent l’esprit de clairvoyance qui présidait ce lieu en des temps plus cléments. Derrière le présent se cache une histoire, toute une histoire, et d’autres afférentes et non moins passionnantes. Le présent est le point ultime de la fuite, le refuge hypostasié des benêts belliqueux. Derrière le présent se cache le vide laissé par l’absence, un espace où le souvenir d’un bonnet d’âne dessiné schématiquement sur un tableau noir prend valeur de réalité pacifiée. Derrière le présent se cache toute chose. Le présent est une masse absurde de possibles qui écrase tout sur son passage. Derrière cet écran de fumée se cachent d’autres réalités, la réalité d’un nom, la réalité d’un lieu, la réalité d’un instant, la réalité pneumatique, la réalité virulente et virevoltante de la mouche, la réalité moelleuse et capiteuse d’un bon vin, la réalité despotique des petits écrans, la réalité ubuesque de la réalité, la réalité du caca, la réalité du boudin.
Lucius Crédul
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(L’apparente apparence – NK)
Derrière l’apparence première se cache une autre apparence, moins apparente que l’apparence première, qui, bien qu’elle soit
elle aussi une apparence, peut apparaitre, dans un premier temps, plus réelle que la seconde apparence (ici peut apparaitre une forme d’illogisme, qui, vraisemblablement, résulte de l’ordre
apparent des apparences). Cela est sans doute dû au fait qu’une apparence qui se montre nous semble plus réelle qu’une apparence qui se cache. En ce sens, la première apparence, bien qu’elle se
donne à voir, est plus trompeuse que la seconde apparence (celle qui se cache derrière la première). Derrière ces deux apparences se cache une troisième apparence, plus vicieuse que les deux
premières, car elle ne se cache pas, mais est la résultante des deux autres. Beaucoup s’emploie à nier cette troisième apparence, et la plupart de ceux qui restent sont septiques ; seul un petit
noyau d’experts avisés défend l’existence de la troisième apparence, la plus redoutable, la plus singulière, la seule qui ait réellement une importance déterminante pour allez au-delà des
apparences, et enfin voir ce qui s’y cache.
Léon Kargul – De l’apparence trompeuse des apparences
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"Pendant la composition de Visage j'étais intéressé, comme toujours, à une recherche visant l'expansion des convergences
possibles entre processus musicaux et processus acoustiques, et à la détermination d'équivalents musicaux des articulations du langage. C'est ainsi que l'expérience de la musique électronique
s'avère fondamentale, parce qu'elle donne au compositeur les instruments concerts pour assimiler musicalement une vaste région de phénomènes sonores qu'on ne peut pas rapporter à un code musical
préétabli.
Visage est essentiellement un programme radiophonique : presque une bande sonore pour une pièce qui n'a jamais été écrite.
Plutôt qu'à la salle de concert, elle est destinée à tous lieux ou moyens permettant la reproduction de sons enregistrés. Fondée sur le potentiel symbolique et représentatif des gestes et des
inflexions vocales, avec les "ombres de signification" et les associations mentales qui les accompagnent, cette oeuvre peut être considérée comme une transformation de comportements vocaux
concrets, du son inarticulé à la syllabe, du rire aux pleurs et au chant, de l'aphasie à des modèles d'inflexion calqués sur des langues précises : l'anglais et l'italien de la radio, l'hébreu,
le dialecte napolitain, etc.
Visage est donc une métaphore du comportement vocal : elle ne développe pas un texte et un langage signifiants mais seulement
leurs apparences. Il n'y a qu'un seul mot qui soit prononcé deux fois : "parole" ("mots" en italien). La dimension vocale de la pièce est constamment amplifiée et commentée par une relation très
étroite, presque un échange de nature organique, avec les sons électroniques. La voix est celle de Cathy Berberian.
J'ai composé Visage en 1961, juste avant de quitter le Studio di Fonologia Musicale de la Radio italienne à Milan : cette oeuvre
était aussi un hommage à la radio en tant que moyen le plus utilisé pour la propagation de mots inutiles."
Luciano Berio
Source : Artsonores
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Je vois un éléphant sans trompe qui par certains aspects ressemble plus à un cochon qu’à une vache ; on ne sait, lorsque nous le
regardons, différencié ce qui lui tient lieu de tête ou de cul ; à chaque extrémité de son corps grotesque et difforme, il y a une ouverture, un trou, qui perçut dans un moment
d’inconscience, peut évoquer une bouche ou un anus. Il se peut que je manque d’objectivité, lorsque Marie à m’y cette chose au monde, j’avoue avec perdu pied. Je sais bien qu’il me faudrait
passer outre les conventions, la difficulté est de trouver un arrangement avec ce que nous voyons réellement et ce que nous nous attendions à voir... Je sais, je sais, je sais... il faudrait bien
des choses... et je sais qu’avec des putains de si, tout serait différent, mais là, la réalité m’a frappé cruellement, de tous mes sens, la vue est celui qui chez moi domine, et que jamais je ne
pourrais appeler cette chose, mon enfant. Depuis lors, j’erre dans les catacombes de mes discours crépusculaires, m’appropriant par étape une autre réalité, un monde artificiel inventé pour mon
seul plaisir, loin du monstre sans queue ni tête qui hurle à tue-tête du matin au soir, sans rime ni raison. Aujourd’hui, j’en ai fini avec cette confrontation entre le réel et ma réalité. Je
n’ai pas trouvé de réponse, mais la chose ne cri plus, les coups de marteau que je lui ai assénés sur la tête ont eux raison de ses cris. Aujourd’hui, mes futiles spéculations concernant
l’apparence supposée de mes contradictions à laisser place à de solides barreaux, bien réel et d’une solidité à toute épreuve. J’ai aussi constaté qu’il n’était pas toujours bon de voir les
choses telles qu’elles étaient, mais qu’il fallait mieux parfois les imaginées.
Lucius Crédul
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Kom-en-terre