« Je ne peux pas faire grand-chose de plus, dit-elle d’un air laconique, après avoir fouetté ses marmots jusqu’au sang.
»
Raymonde Varlet
Lundi 19, tombe – à l’heure où l’on entend sonner de toutes parts les clairons et les trompettes calomnieuses – un silence
obséquieux qui ne laisse pas d’inquiéter... (En fond sonore le Requiem de György Ligeti.)
Nous sommes comme des veaux me suis-je dit après avoir ouvert une boite de sardines ; sitôt né arraché à la mère et jeté en
disgrâce, sitôt fait, sitôt défait, refait, blousé et prompte à dire, comme Chiyou : « La marche des grumeleux est semées d'apprêtées qui sont les entreprises que fait sans fin surgir l'œuvre
d’un gougnafier. Béni soit-elle l'ombre de la bonne voilée qui, au nom de la charité, se fait la bergère des moutons qu'elle guide dans la vallée sombre de la poisse et de la glue... Car elle est
la gardienne de son balai et la providence des marmots croûteux. J'abattrai tantôt le balai d'une monstrueuse furie, d'une rogne enragée et pétrifiante sur les hordes de harpies en string qui
pourchassent et réduisent à néant les brebis de Zhurong. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est Soupe-au-Lait quand sur toi s'abattra la vengeance du Tout Puissant Croupissant... »
Mardi 20 j’ai zappé la touche d’ocre jaune, bien qu’au loin, elle persiste et demeure tel un fantôme rétinien, misérable touche
d’ocre jaune éclatée sur un fond obscur, telle une merde d’oiseau inopportune. Zappé aussi, l’Amour "particulier", cet amour banalement particulier, qui ne peut qu’être particulier et à chacun
son nul autre comme pareil son semblable... Zappé aussi, toutes ces questions à la mord-moi le nœud, misérables palliatifs à mes doutes, à mes atermoiements... Zappé mes conjectures oiseuses et
morbides ratiocinations... pour un temps, pour un temps...
Mercredi 21, ai-je dit : Persistance ou Habitude... était-elle neutre ou acide... ou tout autre... Là où les mots disent les
mots, la tête rechigne, regimbe et finie par entendre autre chose... l’histoire, un jeu cruel entre Cassandre et Lucinda... une histoire d’elles et du pays où elles vivaient... un si beau pays,
de si jolis villages... on se demande, c’est quoi ce truc, ce monde... et quoi... était-ce un rêve, une obsession, un concept, une illusion... exproprier, éjecter, jeter hors, au dehors,
satelliser... Ai-je parlé d’une latitude, d’une attitude, d’un faussaire habile, d’une icône contrefaite... non, sans doute pas encore... il faudrait tendre une toile, créer un espace où le point
puisse divaguer en toute liberté... Était-ce un Gnou ou un Bison... en vérité, seule importait l’énergie déployée dans cette course folle, la sauvage beauté de ce tas de viande – Gnou ou
Bison – lancé à pleine vitesse... point, ligne, trajectoire, mouvement, énergie cinétique... observer « sub specie aeterni » (du point de vue d’éternité) ou (d’une espèce d’éternité) ou (ayant
une sorte d’éternité) ou (sous une espèce d’éternité)... là encore, les points de vue divergent, selon l’humeur des traducteurs... et donc, ça donne quoi cette histoire... est-ce une énigme... un
charabia, un galimatias... ou un virus désaxé qui m’oblige à penser de guingois légèrement penché le long d’une ligne oblique en suivant un plan incliné... 2012 m’apportera peut-être une
réponse.
Lucius Crédul
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Kom-en-terre