Mots de là, mots d’ici, petites entités malicieuses, rétives et capricieuses. Vous ployez sous le sens, glissez entre les mailles de vos sèmes, explicitant l’aperception par des allusions
abstraites. Empruntant à l’un, déroutant les autres. En vous cette soif de renaitre en redéfinissant sans cesse le paraître, avec cette puissance évocatrice d’abstraire le concret.
A vous, mots d’origines contrôlés, académifiés, standardisés, validés, authentifiés, entrez en dissidence, fuyez l’accoutumance
sclérosante de vos mères putassières, de vos pères nécrophiles, de vos enfants pervers. Fuyez, partez au loin, baisez, niquez, vautrez-vous dans le stupre, bénissez les putains, sacralisez
l’idiome déchu de vos dépouilles langagières, mettez-y le feu, et brulez-les, brulez-les tous.
A Toi, petit mot, puissance préverbale, mort-né, embrumé, embaumé. Je t’aime autant que je te hais. Tu n’es pas celui par qui
tout arrive, mais celui par qui toute chose se chosifie, tu es l’usurpateur-né, un leurre funambulesque, une feintise experte, une redoutable duperie, une vénérable usurpation.
Dick Shaver*
* – Par son contre-pied clonique krapoïde, entré en résonance Motiq.
c'est drôle parce que au début, je lisais le texte et je me disais "c'est dingue c'est en résonnance avec mon texte!". et puis arrivé en bas j'ai compris. j'aime beaucoup "l'usurpateur né" et ce contre-pied krapoïde krapotiq !
commentaire n° : 1
posté par :
Dick Shaver
(site web)
le: 25/08/2007 13:12:35
Sitôt sortie de la lecture de ton texte, je me suis jeté sur Word et j’ai pondu ça. Résonnances qui résonnent sans raison apparente, et c’est bien le "mot", la source et l’essence de toute chose, bien qu’il m’arrive de penser que la musique nous dit mieux que les mots ce qu’il y a d’essentiel à entendre… je ne peux me soustraire à leurs pouvoirs maléfiques. Je ne me soustrais d’ailleurs à pas grand-chose, ni à la musique, ni aux livres, ni au cinéma, et toute une foultitude d’autres trucs et machins divers et variés. Et je rêve parfois que l’on me dépose dans un jardin zen, et que l’on me laisse là, avec aussi peu de besoins qu’une pierre, contemplée, impassible, le mouvement imperceptible du temps qui passe.
réponse de : Krapo-i2 (site web)
le: 26/08/2007 00:00:47
Le mot est un menteur, et ton texte est Léoferrien, je trouve.
commentaire n° : 2
posté par :
G. de B.
(site web)
le: 25/08/2007 14:06:22
Nan… je me sens tous minus face à un Léo, ou à d’autres, d’ailleurs, auteurs ou blogueurs. Si je peux me reconnaitre quelques mérites au niveau de l’image, je ne m’accorde aucun droit sur l’écriture. J’essaie parfois, lorsque je parviens à échapper à cette pudeur maladive qui m’assujettit au silence, d’écrire "quelque chose".
réponse de : Krapo-i2 (site web)
le: 26/08/2007 00:01:57
Y'a plus qu'à le mettre en musique !
commentaire n° : 3
posté par :
G. de B.
(site web)
le: 25/08/2007 14:07:16
La musique Ok, je ne sais pas encore quand, mais il y aura ici quelques-unes de mes compos.
réponse de : Krapo-i2 (site web)
le: 26/08/2007 00:02:19
je trouve que tes mots devraient abandonner toute "pudeur" car ils résonnent aux oreilles...
Ravi de lire qu'il y aura bientôt des compo musicales, j'ai hâte d'écouter cela.
commentaire n° : 4
posté par :
Dick Shaver
(site web)
le: 26/08/2007 02:15:00
merci...
Peut-être au grand dam de vos oreilles estourbies...
réponse de : Krapo-i2 (site web)
le: 27/08/2007 23:00:02
Résonnances qui résonnent sans raison apparente, et c’est bien le "mot", la source et l’essence de toute chose, bien qu’il m’arrive de penser que la musique nous dit mieux que les mots ce qu’il y a d’essentiel à entendre… je ne peux me soustraire à leurs pouvoirs maléfiques. Je ne me soustrais d’ailleurs à pas grand-chose, ni à la musique, ni aux livres, ni au cinéma, et toute une foultitude d’autres trucs et machins divers et variés. Et je rêve parfois que l’on me dépose dans un jardin zen, et que l’on me laisse là, avec aussi peu de besoins qu’une pierre, contemplée, impassible, le mouvement imperceptible du temps qui passe.