Mots de là, mots d’ici, petites entités malicieuses, rétives et capricieuses. Vous ployez sous le sens, glissez entre les mailles de vos sèmes, explicitant l’aperception par des allusions
abstraites. Empruntant à l’un, déroutant les autres. En vous cette soif de renaitre en redéfinissant sans cesse le paraître, avec cette puissance évocatrice d’abstraire le concret.
A vous, mots d’origines contrôlés, académifiés, standardisés, validés, authentifiés, entrez en dissidence, fuyez l’accoutumance
sclérosante de vos mères putassières, de vos pères nécrophiles, de vos enfants pervers. Fuyez, partez au loin, baisez, niquez, vautrez-vous dans le stupre, bénissez les putains, sacralisez
l’idiome déchu de vos dépouilles langagières, mettez-y le feu, et brulez-les, brulez-les tous.
A Toi, petit mot, puissance préverbale, mort-né, embrumé, embaumé. Je t’aime autant que je te hais. Tu n’es pas celui par qui
tout arrive, mais celui par qui toute chose se chosifie, tu es l’usurpateur-né, un leurre funambulesque, une feintise experte, une redoutable duperie, une vénérable usurpation.
Dick Shaver*
* – Par son contre-pied clonique krapoïde, entré en résonance Motiq.