Maitre Nikolas Léon Krapo d’i2, vautré sur son nénufar, par les Deros assiégés, me tint à peu près ce langage :
"Je ne laisserai ici que poussière… Que mes mots me survivent."
Sans raison apparente, certains mots s’électrisent, et acquièrent d’un coup – sans que rien ne les prédispose à une telle infatuation –, une puissance colossale, lourde de conséquences
fâcheuses nous conduisant en droite ligne au désastre.
Plus ces mots sont flagrants d’insignifiance, plus il gagne rapidement en puissance.
Si les mots comme le souhaitait Cioran, ne fond pas éclater les têtes, ils en ont fait tomber plus d’une.
Le plus angoissant est que l’on ne sait jamais à quel moment de tels mots vont apparaître (sont-ils déjà là…), ni quand les chiens pavloviens
vont se déchainer (le sont-il déjà…)
Les mots, dans notre banal quotidien rantanplantesque, sont tout aussi capables de provoquer des désastres.
Les mots futurs du désastre à venir, voient le plus souvent le jour dans le lit même, de leurs victimes. Est c’est peut-être cette phrase jetée
négligemment à l’épicière du coin, qui valu à ceux-là d’êtres exterminés par millions.
Si les mots sont le "matériau" d’un langage, ils ont aussi le pouvoir de véhiculer d’autres langages, où la matière qu’il charrie, n’est plus
faite simplement de mot, mais touche au plus intime de notre chair, par le médium de nos sensations.
Et je pense à mon cher Ludwig lorsqu’il nous dit, du fond de sa tranchée : "Les mots sont la surface d’une eau profonde."
"La surface... d'une eau profonde"
(...)
D'autres mots dickiens sur les mots (Ici)...
et à la suite...