Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 16:13

 

 

 

 

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Le bilan n’est pas brillant, je dois l’admettre – comme il est dit, tout ce qui brille n’est pas or –, est ce n’est pas une abstraction, ni même une impression ; cette débauche d’absurdités ne menait à rien, ne conduisait nulle part. C’est une histoire sans fin, sans issue... derrière l’expertise se cache la contre-expertise, fondée sur des doutes légitimes, et d’autres qui le sont moins. Il nous faut accepter cette part d’arbitraire qui en toute chose opère selon son bon vouloir, accepter le côté obscur de la force. Je me demande si j’ai la berlue, cette trompe est-elle une extension nasale surdéterminée, une illusion, le fruit de mon imagination... Je me trompe-l’œil, c’est certain, cet éléphant n’existe pas réellement, il ne peut qu’être le fruit de mon imagination... Si je regarde au-delà du delà, je vois une permanence dans l’impermanence, une fixité dans le mouvement, des courants qui convergent vers un point, et d’autres, qui s’en éloignent, et peu à peu, s’amenuisent, décroissent, disparaissent. Je vois des structures vacillantes, des certitudes branlantes, des concepts avinés, des théories frelatées, un arthropode hilare qui se bave dessus, des chiens fous qui se mordent la queue, une pendule qui  se toque d’avoir des tics, une échelle sans Jacob, une rondeur acérée, une voute planifiée, une patte de lapin, de la gerbe en barre, un Kinder Guano, des sourires mercantiles d’abrutis consentants... Je vois un temps d’avant le temps, d’avant les mots, d’avant toute cette affreuse confusion. Je vois la toile de fond, démesurée, hors limite, et peuplée de fantômes. On s’approche de la zone zéro... je soupçonne l’origine du point imminente... Je fus à cet instant proche de lâcher prise, ce qui jusqu’ici m’avait guidé jusque-là, cette force qui contre vent et marée m’avait portée sans faillir, soudainement m’abandonnait...

J’observe  l’ordre apparemment aléatoire des miroirs sur lesquelles se reflète à l’infini un visage inconnu aux traits imprécis, en lui je peux voir cette part de moi-même qui se refuse à paraitre, qui se refuse à entrer dans la danse, qui se refuse à jouer le jeu, qui se refuse à prendre part au festin. Est-ce là mon vrai visage, ma défaite, mon dépit... l’hallali, la-la-la... Oui, il y a de ça en moi, un quelque chose qui renâcle, s’insurge contre tout, contre rien, contre un point, contre un mot, contre toi, contre moi.

 

Lucius Crédul

 

 

 

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Par Krapo-i2 - Publié dans : Scripto-i2
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