(En surface - NK - 2010)
Il faut remonter à la surface, se tenir en surface, se tenir à la surface, se poser en surface, se maintenir à la surface, ne
s’en tenir qu’à la surface, n’être qu’en surface, n’être plus qu’en surface, se fondre à la surface, ne voir que la surface, ne plus voir que la surface, épouser la surface, polir la surface,
patiner en surface, agir en surface, n’agir qu’en surface, ne penser qu’en terme de surface, ne plus penser qu’en terme de surface, et sans prévenir, s’arracher de la surface, explorer les airs,
visiter les nuages, parcourir le ciel, divaguer dans le vide du ciel, pour un temps divaguer, et retomber en surface, et rebondir en surface, et finir par s’immobiliser en surface, et reprendre
pied en surface, sonder du pied la surface, évaluer du pied la solidité de la surface, et explorer la surface, rencontrer d’autres pieds et parler de surface, parler en surface, de la surface et
de sa solidité éprouvée par le pied, approuvée par le pied, un pied de surface, un pied ferme arrimé à la surface, un pied sondeur de surface qui avance en surface là où d’autre ne fond que
stagner en surface, un pied explorateur infatigable, découvreur de nouvelles surfaces, un pied amoureux de surface, comme d’autres, sont amoureux de chaussures, d’autres pieds qui ont abandonné
la réalité de la surface, d’autres pieds qui ne pensent plus qu’en terme de chaussures, des pieds totalement déconnectés de la surface, des pieds qui délirent, loin de la surface, perdue pour la
surface, de pauvres pieds qui font les beaux dans leurs petites chaussures d’apparats, de beaux crétins des profondeurs, dirait ma sœur, qui elle aussi est en surface, pour le meilleur et pour le
pire.
Mucus Crédul
*
Je crois que dans ton blog (que je visite souvent) je deviendrais vite simplement contemplative; immobile comme un os à la surface des choses; un os de surface; un os sans face mais en surface.
Est-ce la quatrième dimension?
Je n'imaginais pas que mon blog puisse produise un tel effet, c’est positivement stupéfiant... et même, un peu inquiétant... dois-je m’alarmer pour toi ? Remarque, de tous les états possibles et imaginables, être contemplatif n’est pas le plus désagréable ; ce qui me contrarie est que tu puisses perdre la face, et de là, perdre pied... ou pire encore... et qui sait ce qui peut advenir lorsque nous entrons dans la quatrième dimension...
Je ne peux que redire une nouvelle fois encore, l’usage de ce blog et dangereux pour la santé mentale.
Quoi qu’il en soit, tu es toujours la bienvenue ici, contemplative ou non, bavarde ou silencieuse.