(Un Picton chez les Bouyakas - NK - 2011)
Jeudi 22, ce moi de décembre me semble interminable, les jours se suivent, lent et morne, inconsistant et vide... Je passe
l’essentiel de mon temps avec Wittgenstein – derrière les lignes et au front –, entre les lignes et au fond... enfermé dans l’entre-las d’un inextricable lassis de notes
tautologique...
Vendredi 23, je pense à oncle Blatte et à son éternel mégot de joint coincé entre ses lèvres... je pense à Luce virevoltant dans
la cuisine... à toi Paramus, far tacere, immobile, suspendu à son fil... je pense aussi à ceux qui tombent sous le sens ou sous les balles... et à d’autres qui de guerre lasse se perdent
ou se pendent... je pense à ceux qui ne sont plus là, et à ceux qui ne l’on jamais étés... je pense à ma sœur que j’ai perdue en chemin, à ses grands yeux de biche aux abois...
Samedi 24, après une insipide, longue et écrasante journée, je me suis dit qu’une forme plate comme un écran sans reliefs
observé sub specie aeternitatis offrait une profondeur et des perspectives inattendues.
Dimanche 25, toujours pas vu le jour... échappé pour un temps à ses cruelles morsures... rêve, nuit sans fin... tombent les
heures... tic-tac... je vais faire un tour à la cuisine, hier j’ai trouvé un Papouki caché sous l’évier, qui sait ce que je vais trouver aujourd’hui...
Lundi 26, rien ne tombe... page cent dix-huit – des questions –, restent mille deux cent trente-quatre pages... Le ciel est
partout le ciel, comme la mer, comme tout le reste, pour l’essentiel...
Lucius Crédul
*
*
Derniers Commentaires