(Bi-fidus Apodictus - NK - 2044)
Je me demande si l’expression (la plus juste) de notre identité n’est pas révélée par le doute (et les incertitudes) suscité par
la soudaine vacuité (de ce vide) qui s’ouvre sous nos pieds ou dans nos têtes lorsqu’on nous pose – implicitement ou explicitement – une question à laquelle nous n’avons pas de
réponse.
Certains prétendent que l’expression la plus juste de notre identité est révélée par la soudaine vacuité qui s’ouvre sous nos
pieds ou dans nos têtes lorsqu’on nous pose – tacitement ou expressément – une question à laquelle nous n’avons pas de réponse, une question qui sonne, non comme une question sensée offrant une
perspective de réponse acceptable, mais comme une question insensée dont nous ne comprenons pas l’énoncé et qui sonne à nos oreilles de la manière la plus désagréable qui soit.
Par juste, j’entends, là où ça fait mouche, là où une résonnance se produit, là où se concentrent les énergies et les synergies
annonciatrices d’un quelque chose d’encore indéterminé, mais dont l’éminence et la valence (positive ou négative) ne peuvent être mises en doute.
Par juste il faut entendre ce que vous trouvez juste d’entendre, ce qui est en accord avec votre vision de la
justesse.
Par juste faut-il entendre restrictivement ce que vous trouvez juste d’entendre, ce qui est en accord avec votre pitoyable et
incertaine vision de ce qu’est la justesse.
La vérité parfaite est le mensonge absolu, tout comme le mensonge parfait est une vérité absolue.
Personne n’a envie d’entendre la vérité, de tous les fléaux, la vérité est de loin le plus redoutée.
Passé un court laps de temps de stupeur après le choc provoqué par la question, nous avons la sensation de toucher du doigt une
vérité autre et essentielle qui, selon la sensibilité du sujet peut perdurer (en de rares occasions) ou disparaitre aussi soudainement qu’elle est survenue (le plus souvent).
Ce qui miroite un instant disparait l’instant suivant, dit un proverbe lapon.
Il faudrait sans doute conclure ce qui vient d’être dit, trouver une formule conclusive enveloppée de mots d’une édifiante
beauté... je n’ai malheureusement rien d’autre à vous offrir que l’expression de mes doutes les plus certains.
Lucius Crédul - De la certitude de mes doutes
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