Je vois maintenant la distance, je suis très loin de mon sujet, l’avion a pris son envol, emportant avec lui, les cochons,
l’oiseau au long bec, les mots inutiles, les pleurs et les rires... Hier, il a plu toute la journée, une bonne occasion de me questionner sur le pourquoi la nuit immanquablement se termine...
J’erre dans les catacombes de mes discours crépusculaires, comment m’extraire de cet espace, me suis-je demandé ce matin – chacun matin, je me demande quelque chose –, hier je me suis demandé
pourquoi ne pas faire l’économie de parler, il est dit que tout a déjà été dit, pourquoi alors se fatiguer à le redire... Bien qu’inutile, le besoin de bavasser ne me lâche pas... L’essentiel de
ce que l’on dit n’est pas contenu dans ce que l’on dit, il y a des pliures, des interstices, des fractures temporelles, des événements et des éléments exogènes perturbants qui nous conduisent
jusqu’à bout de la nuit sans que nous ayons pu répondre à la question, pourquoi se termine-t-elle. Aujourd’hui, la vie est grise, bien qu’au loin, une touche ocre-jaune persiste. Est-ce cela
l’amour, cet Amour "particulier" que j’ai vainement cherché tout au long de ma vie, une touche d’ocre jaune sur un fond obscure.
Lucius Crédul
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