Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 15:56

 

 

 

 

 

Je vois la distance, le présent qui s’effrite, cette faille qui ne cesse de s’agrandir entre moi et le monde où l’on vit. Je suis très loin de mon sujet maintenant, l’avion a pris son envol, imposant la distance et emportant avec lui, les cochons, l’oiseau au long bec, les mots inutiles, les pleurs et les rires... Hier, il a plu toute la journée, une bonne occasion de me questionner sur le pourquoi la nuit immanquablement se termine... une autre de redire ma petite phrase : j’erre dans les catacombes de mes discours crépusculaires... comment m’extraire de cet espace, comment sortir de là, me suis-je demandé ce matin... Comme chacun matin, avant de commencer une autre morne et stérile journée, je me pose des questions, je demande quelque chose à l’irrésolu... hier, après m’être demandé comment m’extraire de l’espace morbide où je me trouvais, je me suis demandé pourquoi ne pas faire l’économie de parler... il est dit que tout a déjà été dit, pourquoi alors se fatiguer à le redire... oui, pourquoi... soudain, l’indigence de cette affirmation m’a stupéfiée, comment... qui a pu dire, sans être foudroyé sur place, que tout avait déjà été dit... j’aimerai bien connaitre le bougre d’enfant de salop qui a dit ça... car en vérité, rien encore n’a été dit... tout reste à dire, à voir et à dire, avoir beau dire, avoir et dire encore*... Bien qu’inutile, vain et stérile, le besoin de bavasser ne me lâche pas, avec ou sans raison... et qu’importe ce qui est dit, en vérité, l’essentiel est de le dire... et qu’importe la manière, il faut se laisser faire, se laisser dire... et qu’importe l’irrésolu, le temps est un espace fluctuant, la ligne n’est jamais droite, il y a des courbures, des pliures, des interstices, des fractures temporelles, des événements intempestifs, des éléments exogènes perturbants qui nous conduisent jusqu’à bout de la nuit sans que nous ayons pu répondre à cette question fondamentale, pourquoi se termine-t-elle, bordel !

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* Il faudrait revenir sur l’avoir et le dire, ces deux-là on beaucoup plus en commun qu’il n’y parait... à voir et à dire l’avoir et le dire... c’est un peu comme le boire et le manger... quelque chose de primordial... même si j’ignore pourquoi... faut-il pour autant chercher une logique mathématique à ça... ou...  ou alors, tant est si bien... que, pour la peau d’un qui, mort pour ses idées, ou victime d’un accident de la circulation, d’un éclat d’obus, d’une balle perdue... d’un ou cent-mille... eux aussi, morts pour quelque chose de tout aussi absurde... La vérité est que l’on ne meure jamais pour une bonne raison... et c’est sans doute là que l’avoir – saisi par l’urgence – à le mieux à dire...

 

 

 

 

 

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Par Krapo-i2 - Publié dans : Scripto-i2
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