"plastic toys" - Niko Kargul (2010)
Tout est insupportable ce matin, et je sais que cela va durer jusqu’au soir, et une bonne partie de la nuit, jusqu’à. Et demain tout recommence. Je trouve que tout cela n’a aucun sens – et tout le reste – les blogs, la rue, les voitures, les gens, les jours qui se succèdent, toute cette vie grouillante qui sans cesse réclame sa misérable pitance… et plus je vais en ce sens et moins je m’y retrouve ; tout en ce lieu est paniqué, alambiqué, et tortueux à souhait. Arrimé à la table – le plus souvent mes genoux, devant ça, ou autre chose –, semblable à une mouche, en certains points comparables… faut-il que je souffre cette comparaison… bien mal en contre eux ceux-là qui s’y avisent... Assidument il me faut noter ces points, l’un à la suite de l’autre – ses petites pattes grenues qui s’agitent autour de ce qui lui tient lieu de tête, et cette tourbe, ou ce varech – je ne sais trop – dans lequel je patauge… il y a un terme pour ça, il y a un terme pour tout, ou presque… un seul mot vous manque, et tout est…
Il est tactile et rotatif… car je le sais, il tourne en ce moment, comme ce monsieur Spire qui en son temps, sous
le regard ébaudi des enfants, animait ses toupies. Il y a cette chose hideuse, disait-il, et c’est en elle que réside la beauté. Fracturez-moi, sans l’assentiment des éléments et des principes en
lesquels vous croyez. J’ai l’estomac dans les talons, plus rien à roter, si ce n’est mon dépit. Je grimpe sur une ramure qui n’est en fait que la queue d’un rat mort.
Krapo-i2
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Mais l'illusion est une réalité: le tout est de prendre les rats morts pour des rats murs, pardon des ramures (avec les rats crevés, c'est plus dur), les vessies pour des lents ternes, pardon des lanternes (c'est plus dur avec des trouduc), sa misère pour une mise erre, ou mieux un mat de misaine en haut duquel on resterait perché, à l'abri de la connerie, même si en fin de compte, ce mat n'est qu'une queue pourrie de rat crevé au milieu d'un tas d'autres rats morts à perte de vue.