(photo - NK)
Il y a ce truc, appelons-le comme ça, à défaut de pouvoir le nommer. Ce truc imminent qui tarasque les têtes. Je ne sais comment
mieux l’exprimer, il y a ce truc, insidieusement menaçant, incidemment perturbant. Sans doute a-t-il toujours été là, attendant son heure pour surgir.
Au commencement était le cri, masse informe de volonté sauvage.
Le mot chez-moi rime avec perturbation. Un mot en appel un autre qui souvent ne vient pas seul, le fourbe, le traitre. Le mot,
ça dit des choses, ça dit bien ce que ça veut. Un bonheur assassin, une lumière consomptive, le rire carnassier d’une hyène allouvie... Ce n’est pas seulement la faim qui me fouaille les
entrailles, il y a ces mots, ces putains de mots qui s’agitent dans ma tête, nuée grouillante de concepts idiots, purulence métastasique de morphèmes anguleux, et ça défile, ça défile, telle une
noria d’idées insoumises et désaxées...
Je peux imaginer ces deux-ci, ou ces deux-là ; et si ces deux ci ou ces deux-là, ces deux-là ou ceux-ci, ces deux-là dans ces
eaux-ci, d’eau de là, qui, d’art d’art, et par deux-là dire, disent le nous, disent, il y a ce nous, accoler au je, ce nous, qui par le jeu des je, abouti à ce nous qui pourtant est sensément
insolubles dans le je, et qui, bien que cela, lorsqu’il tombe à l’eau, se noie si nous ne lui jetons pas une bouée. Reste le jeu, un jeu de je qui surnage, le jeu du je qui se surmoitise,
le jeu du double, un jeu de dupe où tout est mirage, miroir, clone, reflet, double, chimère, avatar, gorgone, succube, harpie, balais à chiotte, fonctions et dysfonctions cognitives.
Les liens s’effilochent... Émergence de la raison au milieu de la folie, jeter la raison, garder la folie ; de cette folie,
apprendre à désapprendre, et, à partir de là, définir des modes de dysfonctionnement, déjouer les lois de la nature, inventer des croyances loufoques, secouer le tout, oser le symbolisme,
l’abstraction, la mystification...
Au commencement était le ver, versatile être de chair.
Niko Kargul
°
Une chose est sure, c'est qu'on ne va pas crever la dalle sur cette planche avant de plonger.
Oui... au moins ça...
Ce n'est pas la bousculade du vide ici !
Je me demande à regarder ces pommes si la mère Cuif avait des pommiers ?...
Je ne sais pas... pomme ou pas pomme... eh oui, j’ai bien aimé ton article sur Rimbaud.
Et non, ça n’ce bouscule pas ici, mais qu’importe, je n’attends rien, et je comprends que mes petits discours nombrilo-centristes n’intéressent personne.
C'est très intimiste ici ...
Rimbaud ne remplit pas non plus un champ ...Merci d'avoir lu mon billet . J'étais dedans nuit et jour ,même en dormant . Il y a plus d'un an de ça ...je m'étais dit ...que c'était tentant ...mais effrayant aussi ...Toucher à l'insaisissable ...hum !...C'est risqué ...
Je n'ai pas retrouvé dans le bouquin de A. Borer ,la page où hier soir il y avait en italique quelques mots à propos de crapaud ( j'ai de suite pensé ,tiens ça ,ça serait à dire I 2 ! ) et pfft ...perdu le repaire .
Merci à toi de l’avoir écrit :)
Merci à vous pour cet Intimiste...
Intimiste, un iste, comme dans nombriliste ou saxophoniste... Tout comme les continents, les termes dérivent ; il m’arrive de prendre les mots pour de simples objets, dépouillés de leurs sens... ça, c’est l’idée première, par la suite ça se complique... le sens commun redonne du sens à ce qui devait en être dépourvu, et je me retrouve face à texte étranger, un monstre texte, fruit d’un croisement obscène entre un entomologiste et une blatte. À ce stade je fais une pose ou une pause, ou les deux – mettre en pause, en forme ou en toutes autres choses –, comme une posologie, une hygiène de vie... ou une lâcheté, un abandon, un refus, une peur, une pudeur... écrire enchaine, asservit, assujetti, enclave, formalise... celui qui écrit, au moment où il l’écrit... après c’est une autre histoire, ça reste dans un tiroir – virtuel ou non –, ou ça éclate au grand jour, un jour de mai ou de juin, un grand soir sous une nuée d’étoiles et du champagne à gogo...
Puff !